Metz. En Moselle. En France. En Europe. Dans le monde. Dans l’univers. Prononcez [mɛs]. Merci. C’est une grosse bourgade d’un peu plus de 120 000 âmes, aux portes de l’Allemagne et du Luxembourg. La ville est plutôt connue pour sa Cathédrale, pour son centre Pompidou bis et pour son stade de foot, mais il y a tellement de choses à y découvrir… Impossible d’avancer plus loin dans ce blog sans vous parler de la ville qui m’inspire…

 

Un aperçu en 2 min 40 avec la vidéo de candidature Unesco (2016)

C’est une ville superbe, de plus en plus agréable à vivre et qui mérite d’être visitée. Même s’il pleut souvent, comme ailleurs en Lorraine (eh puis zut, on est quand-même pas en sucre), les journées de soleil d’été comme d’hiver la rendent magnifique, douce, poétique. On y trouve des perles d’architecture, des jardins soignés, un plan d’eau et un port de plaisance dignes de cartes postales. On y mange bien, on y boit bien.

C’est un peu vide parfois, mais c’est à vous, messins, de vous bouger pour la rendre encore plus vivante, encore plus à notre image. Je suis un peu chauvine, mais j’aime tellement ma ville :).  Ok, je la voudrais un peu plus grande, un peu plus animée, un peu plus communicante. Il n’empêche qu’on y circule facilement (sissi les messins, j’ai habité Lyon, je vous assure que chez nous c’est easy !), que les loyers et prix de l’immobilier sont très corrects (parmi les meilleurs rapports qualité/prix de France) et que les festivals et manifestations culturelles fleurissent depuis quelques années (Ondes messines, Zikametz, Hop Hop Hop, Ecoles de passage, etc.)

Il y a quelque chose qui rend cet article difficile à écrire et à illustrer. Ma ville est tellement chargée d’histoire qu’il serait compliqué de rentrer dans les détails, mais en même temps, sans parler du passé, impossible de comprendre son fonctionnement et ses évolutions. Il y a tellement de bâtiments anciens magnifiques et de styles éclectiques… Tiens je viens d’avoir une idée, je vais faire une visite de la ville en plusieurs épisodes, un peu comme le ferait Laurent Deutsch mais en essayant de pas être re-lou, avec beaucoup de photos, histoire de vous faire profiter de cette douceur de vivre J. Les images parlent d’elles-mêmes de toute façon, vous en conviendrez.

Pour commencer, plongeons dans l’Histoire

Plan Metz

Le petit plan de rigueur pour se repérer dans le reste de l’article

Une tribu Celte, les Médiomatriques, s’est installée sur les hauteurs de la ville (colline Sainte-Croix) entre les Vème et IIIème siècle avant J.C. La ville a ensuite été occupée par les Romains, qui l’ont appelée successivement Divodurum puis Mettis. A cette période antique, le rayonnement de la ville était important : thermes (à l’actuel emplacement du musée de la Cour d’Or), aqueduc et amphithéâtre marquent le paysage. Attila et les Huns ravagent et incendient la ville en 451, ce qui met fin à cette période de prospérité.

Musée Metz

Le sous-sol du Musée de la Cour d’Or, gardien du passé de la ville

La ville devient capitale religieuse et culturelle du royaume d’Austrasie (puis de Lotharingie) sous les Mérovingiens au VIème siècle, puis c’est à Metz que naît la dynastie des Carolingiens, inaugurée par Pépin le Bref en 751.

Metz ancienne basilique

Ancienne basilique à gauche et église Saint-Pierre-aux-Nonnains à droite

Au Moyen-Âge, Metz est une république oligarchique (dirigée par une classe dominante). Cette élite se fera connaître sous le nom des Paraiges. Ces « Grands » de la ville sont rassemblés sur un principe de solidarité : on se met ensemble pour défendre les intérêts de tous. Réunis par quartiers, ils protègent leurs amis et clients. Progressivement, ils deviennent de plus en plus riches et puissants, jusqu’à monopoliser le pouvoir. A cette époque, une basilique de style ottonien est construite à l’emplacement actuel de la cathédrale et l’église Saint-Pierre aux Nonnains (l’une des plus vieilles églises de France), commencée au IVème siècle, voit sa nef modifiée dans le même style.

Metz grenier de Chevremont

Trace du passé médiéval de Metz, le grenier de Chevremont domine le quartier Sainte-Croix

La ville intègre le Saint Empire Romain Germanique au Xème siècle et est à cette époque gouvernée par un prince-évêque jusqu’en 1179. L’évêque Bertram accorde aux bourgeois de Metz une charte de franchise par laquelle il consacre la République messine. Il réside dans un palais qui est aujourd’hui connu pour abriter le marché couvert. La ville compte alors 25 000 habitants. Vers 1220, la basilique devient la Cathédrale Saint-Etienne, dont le chantier durera trois siècles.

Metz Marché couvert

L’ancien palais de l’évêque abrite l’actuel marché couvert, un lieu plein de vie où se croisent les habitués et les touristes

Devenue République, Metz connait sa plus riche période jusqu’au XIVème siècle. Elle est l’une des dix premières villes de France où se développent l’imprimerie et la typographie et elle est célèbre pour ses foires, marchés et fêtes. Mais avec les guerres, les révoltes et les divisions entre catholiques et protestants, cette période est de courte durée. Les épidémies font rage, les courants commerciaux se déplacent, la ville connait une période plus pessimiste.

En 1552, Henri II aide les princes protestants face à Charles Quint et gagne le droit d’occuper les Trois-Evêchés (Metz, Toul et Verdun). Il entre à Metz par la porte Serpenoise et la ville accepte d’être placée sous protection française. C’est la fin de la République de Metz. En octobre 1552, l’empereur germanique Charles Quint veut récupérer la ville. François de Lorraine, duc de Guise a pour mission de la défendre. Il fait évoluer rapidement les défenses médiévales, renforce les portes et les murailles, fait creuser un grand fossé aux abords de la Seille, dont les traces subsistent encore aujourd’hui et permettent des balades au charme médiéval. Quand l’armée impériale de Charles Quint arrive, la ville de Metz est prête, avec munitions et vivres, et civils évacués. Le siège commence, et malgré la supériorité écrasante de l’empereur, la victoire est totale pour les messins.

Metz porte Serpenoise et porte des Allemands

La porte Serpenoise et la porte des Allemands, poste avancé qui surplombe la Seille à l’Est de la vieille ville

Un peu moins d’un siècle plus tard, la guerre de Trente ans (1618-1648) place à nouveau la ville dans une position délicate. Elle est au carrefour de l’Europe, pour le meilleur comme pour le pire. Non seulement il faut supporter les attaques ennemies, mais aussi le pillage des troupes alliées ou étrangères et il faut payer un tribu pour que les Suédois et les Croates n’entrent pas dans la ville. La cité commence à se redresser après la paix en 1648 et le traité de Westphalie consacre le rattachement au reste du pays. Après cette prise de contrôle total par la France, la ville devient un poste militaire stratégique. Elle va se transformer et s’améliorer jusqu’à la Révolution Française.

Metz Saulcy

L’ancien hôtel d’intendance abrite la Préfecture et le quartier du Saulcy (qui était un vaste marais) offre certains des plus beaux points de vue de Metz

Le XVIIIème siècle voit Metz, dans un contexte général d’urbanisation, élargir ses rues et créer ses places, aider à la circulation des hommes et à la distribution de l’eau. Les monuments publics vont contribuer à l’embellissement la ville. Le gouverneur et Duc de Belle-Isle a des projets ambitieux : le quartier du Saulcy est aménagé pour lier la ville haute de la cathédrale à l’île Chambière. La place d’Armes et la place de la Comédie sont construites. L’île du Saulcy, un vrai marais peuplé de saules (d’où son nom) est asséchée, pavée et rattachée par plusieurs ponts. Le théâtre, l’hôtel d’intendance, l’hôtel de ville et le palais de justice datent de cette période. Le commerce se réorganise et se pérennise, notamment grâce à la consommation des corps d’armée. La draperie, la tannerie, se développent à nouveau, l’imprimerie et la chapellerie également.

Metz tribunal et place d'Armes

Le Palais de Justice à gauche et la place d’Armes à droite (les bâtiments qui l’encadrent sont aujourd’hui ceux de la marie et de l’office de tourisme)

Avec le durcissement de la révolution, les autres états monarchiques européens comme l’Autriche et la Prusse attaquent la France. Metz est sur leur chemin mais l’armée mosellane remporte la célèbre bataille à Valmy (en Champagne-Ardenne). C’est une grande victoire révolutionnaire : 24 000 citoyens français et volontaires écrasent 100 000 autrichiens et prussiens entraînés. Les armées étrangères seront repoussées à plusieurs reprises et ces victoires mèneront à l’institution de la République en 1792 et à la fin de la monarchie.

A l’époque napoléonienne, la ville est de plus en plus républicaine et vit au rythme des troupes militaires. La culture et les arts s’y développent également. En 1870, Metz est la place-forte la plus imposante d’Europe, avec une garnison de 10 000 hommes. C’est de cette époque que date la création de l’Esplanade, qui relie le centre-ville au plan d’eau. Le système de défense de la ville, mis en place par l’ingénieur militaire Cormontaigne, est renforcé. On reconstruit les portes et quatre forts : Queuleu, Saint-Julien, Plappeville et Saint-Quentin. Ils ne sont pas totalement achevés quand la guerre franco-prussienne éclate en 1870 et Metz est assiégée.

Metz gare

La gare, la grande Poste (qui a d’ailleurs conservé sa fonction première) et la tour qui servait à l’époque de château d’eau avec ses 40 mètres de hauteur sont les symboles du quartier impérial

Annexée par l’Allemagne en 1871, la ville se métamorphose. Les allemands construisent une double ceinture de forts, détruisent les remparts devenus inutiles et créent « la nouvelle ville » autour d’une nouvelle gare. Metz est alors la plus importante place-forte au monde. 25 000 hommes logeront dans de nouvelles casernes en briques rouge, on construira l’hôpital Legouest, et le quartier Frescaty accueillera les dirigeables zeppelins, des monoplans et des biplans (premiers avions).

Metz Palais du gouverneur et avenue Foch

Le Palais du Gouverneur et l’avenue Foch, avec ses magnifiques façades travaillées et ses sublimes hôtels particuliers

Le quartier de la Seille est asséché et les artères principales sont désormais les avenues Foch et Joffre. Le grès rose des Vosges s’impose dans tout le quartier impérial, jusqu’au magnifique Palais du Gouverneur, aux côtés de la pierre de Jaumont utilisée jusqu’alors.

Metz temple protestant et cathédrale Saint-Etienne

Le temple protestant et la cathédrale Saint-Etienne, monuments les plus célèbres de la ville

Le temple protestant, miniature de la cathédrale de Spire, est érigé entre 1901 et 1905. La cathédrale est restaurée, son toit surélevé et l’entrée est repensée. Les quartiers de Plantières-Queuleu et Devant-les-Ponts sont intégrés, la population du Sablon est multipliée par 10. Metz au sens large compte désormais 100 000 habitants.

La tentative de germanisation échoue et la ville reste de culture et de racines françaises malgré sa transformation architecturale. En 1918, c’est la fin de la guerre et l’Alsace-Moselle est rendue à la France. Puis c’est le retour de la guerre en 1939, et une nouvelle annexion survient, très brutale cette fois-ci. La résistance s’organise mais les déportations sont terribles (environ 2 000 messins). C’est en gare de Metz que Jean Moulin, célèbre résistant, mourra après avoir été torturé dans un train qui le conduisait vers l’Allemagne. Après une ultime attente, Metz est enfin définitivement libérée en novembre 1944 et reçoit la reconnaissance de toute la France.

Metz après-guerre

Metz après-guerre, la ville commence à s’approcher de son allure actuelle

Dans l’après-guerre, la ville reprend sa place centrale en Europe et se développe à nouveau. Elle devient une ville de progrès et de culture. Le centre Saint-Jacques est créé en 1974 et les quartiers périphériques de Devant-Les-Ponts à Borny s’urbanisent. Le centre-ville devient piéton, la ville devient verte.

Aujourd’hui, la circulation s’organise autour de ses îles et la vie du centre-ville autour de ses places. Mais ce sera l’objet d’un autre épisode. C’est un bout d’histoire déjà bien complet, mais pourtant résumé, alors pardonnez-moi mes omissions. Les messins ont surement fait appel à quelques souvenirs et pour celles et ceux qui ne connaissent pas du tout les rues dont je parle, il faut venir voir tout cela par vous-même, ça vaut le détour. J’espère que je n’ai pas perdu trop de monde en route avec tous ces détails et je vous donne rendez-vous pour un autre point de vue sur ma merveilleuse ville très bientôt…. Et pour commencer à faire le tour des bonnes adresses déco :), parce que c’est quand-même le but !

MERCI D’AVOIR PRIS LE TEMPS DE LIRE CET ARTICLE SUR LE BLOG DECO DATCHA ! POUR ÊTRE AU COURANT DES NOUVEAUTÉS ET BONS PLANS :

Sources : ToutMetz, Wikipedia, Metz.fr, toursime-metz.com